Législatives : une abstention historique sous la Ve République

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Le scrutin est un succès pour Emmanuel Macron, mais il est avant tout marqué par une forte abstention. Dimanche, pour le premier tour de ces élections législatives, elle atteint même un record historique sous la Ve République : 51,29%, selon les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur. Le dépassement de la barre des 50% a évidemment une valeur symbolique, avec pour la première fois une abstention qui serait plus forte que la participation...

Comme l'indique notre graphique, ce "record" avait déjà été battu successivement en 2002 (35,6%), 2007 (39,6%) puis 2012 (42,8%), trois scrutins qui s'étaient déroulés un mois après la présidentielle, suite à l'instauration du quinquennat. Cette fois, le taux d'abstention est de près de neuf points supérieur à celui d'il y a cinq ans. Traditionnellement plus faible à l'élection présidentielle, l'abstention avait atteint 22,23% des inscrits au premier tour le 23 avril dernier.

Peu de triangulaires attendues au second tour

Selon Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'Ifop, cette abstention élevée "n'est pas une véritable surprise" dans la mesure où l'on observe, "depuis 20 ans, une baisse régulière du taux de participation" aux législatives. "C'est un scrutin qui a perdu son autonomie. Les électeurs ont le sentiment que les jeux sont faits après la présidentielle, et se disent 'à quoi bon aller voter'", ajoute Frédéric Dabi. Un désintérêt qui a pu être amplifié cette année par le triomphe d'Emmanuel Macron, élu avec 66,10% des voix face à Marine Le Pen le 7 mai. Les prévisions d'une abstention élevée incitaient ces derniers jours les spécialistes à la prudence, face aux projections réalisées à partir des intentions de vote et donnant une large majorité aux députés de La République en Marche dans la future Assemblée nationale.

Quoiqu'il en soit, cette faible participation devrait avoir pour effet mécanique une limitation du nombre de députés élus dès le premier tour. Une faible participation pourrait aussi limiter le nombre de triangulaires le 18 juin : pour avoir le droit de se présenter au second tour, il faut avoir obtenu au premier un nombre de suffrages au moins égal à 12,5% du nombre d'inscrits dans la circonscription. Exemple, avec 57,22% de participation comme en 2012, le troisième candidat devra recueillir au moins 21,85% des suffrages exprimés pour se maintenir... Mais à 49,5%, le seuil de qualification passe à 25,25% des voix exprimées. 

 

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