Bénin : Une occasion manquée pour la réforme du système partisan

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Combien de partis compte le Bénin ? En l’absence d’une mise à jour régulière du fichier, difficile de fournir une réponse objective à cette question pourtant basique pour une démocratie qui se respecte. Souvent pour frapper les esprits, des chiffres sont avancés, passant régulièrement de 200 à 300 partis sans aucune borne scientifique. Du reste, il est de notoriété publique que le système partisan béninois souffre d’un manque de lisibilité criard. Les alliances se nouent et se dénouent au gré des intérêts du moment ; les partis politiques se vident et refusent de disparaître, préférant garder leur coquilles vide. Une situation qui ne saurait honorer le Bénin, vanté en Afrique comme un modèle de démocratie exemplaire.

Beaucoup espéraient qu’à l’aune des réformes contenues dans le projet de révision constitutionnelle, la donne puisse évoluer vers une la clarification du paysage. Malheureusement, le peuple béninois doit encore prendre son mal en patience, pour espérer voir des partis viables, à l’instar des démocraties dont le Bénin copie le modèle. Une attente qui, risque d’achever les partis politiques dont la plupart ne sont aujourd’hui dans une agonie totale.

Hormis le Parti du renouveau démocratique (Prd) et la Renaissance du Bénin (Rb) qui, malgré leur caractère totalement régional permettent de sauver la face, difficile de dire de quel autre parti politique dispose encore le Bénin, près de trois décennies après la célèbre conférence nationale. L’Union fait la nation (Un), qui aurait pu se muer en un autre pôle majeur, peine, entre atermoiements et crise interne latente, à franchir le pas. Idem pour l’ex majorité présidentielle, l’alliance Forces cauris pour un Bénin émergent qui, bien que se réduisant chaque jour comme une peau de chagrin, ne s’empresse guère à mettre fin à la saignée en changeant de format.

Pour un observateur de la scène politique, l’échec de la révision de la constitution pourrait purement et simplement signer l’arrêt de mort des partis politiques, qui, pour la plupart montrent les signes d’un essoufflement évident. « Les partis politiques avaient besoin de cette réforme pour se donner une nouvelle virginité. Mais désormais, il faut craindre que ce que nous avons encore de semblant de partis politiques, comme la Rb et le Prd ne disparaissent eux aussi », anticipe-t-il.

 

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