En Europe, un parlement monochrome n'est pas un gage de démocratie

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Avec le second tour des élections législatives, Emmanuel Macron devrait s'assurer dimanche la majorité absolue à l'Assemblée nationale. En Hongrie et la Pologne, le manque de diversité parlementaire s'est accompagné d'un recul des libertés publiques.

D'autres états européens ont connu de fortes mutations institutionnelles ces dernières années, comme la Hongrie et la Pologne. Dans ces deux pays, le parlement est acquis dans sa majorité au pouvoir en place et les libertés publiques régressent.


En Pologne, le parti conservateur "Droit et justice" règne sans partage sur le parlement. La gauche n'a pas obtenu un seul siège lors des législatives de 2015. Depuis la chute du communisme en 1989, aucun parti n'avait réussi à obtenir la majorité absolue. Avec le soutien de ses députés, le gouvernement a réduit l'indépendance de la justice, réduit la liberté de la presse, limité l'accès à l'avortement.

En Hongrie, le Fidesz règne en maître, avec la majorité absolue à la Diète. Un grand virage qui date des élections législatives de 2010, qui ont porté le très conservateur Viktor Orban au pouvoir. Dernière friction en date avec ses partenaires européens: son projet de loi sur les ONG liées à des pays étrangers. Elles seront contrôlées plus sévèrement. Le texte doit être discuté à partir de ce mardi 13 juin 2017 à Budapest, au parlement.

Le succès relatif des populistes et des nationalistes

Les élections législatives ont aussi changé la donne en Bulgarie. Faute de majorité, ce printemps, les conservateurs ont dû s'allier aux nationalistes, les "Patriotes unis", arrivés en troisième position. C'est un ministre d'extrême-droite, Valeri Simeonov, notoirement hostile aux Roms, qui s'occupe maintenant de l'intégration des minorités. En Roumanie, les élections législatives de décembre dernier ont obligé le président à créer un gouvernement de coalition, dans un contexte de fronde anti-corruption. En Autriche, aussi, les grands partis sont en chute libre. Le pays devrait connaître cet automne des législatives anticipées. En Espagne, déjà, fin 2015, le mouvement Podemos a fragilisé le bi-partisme.

Il y a l'exemple britannique, Theresa May, qui misait sur une large majorité, doit maintenant composer avec les unionistes d'Irlande du Nord. A l'inverse, en Finlande, la coalition gouvernementale s'apprête à se défaire de son aile eurosceptique, les "Vrais Finlandais", deuxième parti à la Diète. En Italie, enfin, le mouvement populiste "5 étoiles" vient d'essuyer un échec aux municipales, considérées comme un test électoral avant les législatives de 2018. Affaire de corruption, ribambelle de démissions, ses élus issus de la société civile ont beaucoup déçu.

 

Source de l'article retransmis: https://www.francebleu.fr/infos/international/en-europe-un-parlement-mon...