La tarification du carbone soutenue par 73 pays et plus d'un millier d'entreprises

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À l’occasion de la Semaine pour le climat, responsables publics et dirigeants d’entreprises se mobilisent pour envoyer un message fort : non seulement le changement climatique est un risque que l'on ne peut ignorer mais c’est une lutte qu’ils sont prêts à mener ensemble en réduisant leurs émissions.

Cette alliance, qui regroupe à l’heure actuelle 73 États et 22 villes et autres entités infranationales (représentant 54 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 52 % du PIB de la planète) plus environ un millier d’entreprises et investisseurs, a annoncé aujourd’hui son soutien à un système qui permettrait de fixer un prix du carbone par le biais d'une série d'initiatives qui seront précisées lors du Sommet sur le climat convoqué le mardi 23 septembre par le secrétaire général des Nations Unies.

« Les données scientifiques sont claires. Les arguments économiques sont irréfutables. Nous assistons aujourd’hui à l’amorce d’un changement de cap en faveur de la nouvelle architecture économique qui permettra d'éviter un réchauffement planétaire de 2 degrés Celsius, en promouvant une croissance verte tout en créant des emplois et en renforçant la compétitivité », affirme Rachel Kyte, vice-présidente et envoyée spéciale du Groupe de la Banque mondiale pour le changement climatique.

Afin de faire avancer cette cause, le Groupe de la Banque mondiale, le Forum économique mondial (a) et l’alliance We Mean Business (a) ont annoncé qu'ils allaient forger une « coalition de dirigeants d’entreprises et de gouvernements pour la tarification du carbone ».

Agir tous ensemble pour une cause mondiale

La coalition mobilisée aujourd’hui autour de l’enjeu du prix du carbone rassemble deux groupes d'acteurs qui ont chacun plaidé en faveur de l'action climatique mais ont rarement collaboré dans la lutte contre le réchauffement : d’un côté, des responsables publics qui sont passés à l’action en expérimentant des systèmes d'échange de droits d'émission et des taxes carbone, et, de l’autre, des entreprises qui ont introduit en interne un « prix virtuel » du carbone afin d’orienter leurs décisions vers un avenir moins pollué.

Au niveau des pouvoirs publics, près de 40 pays et plus d'une vingtaine de villes et autres entités infranationales, de la Colombie-Britannique (a) à Tokyo (a), apportent déjà la preuve des atouts de la tarification du carbone ou comptent se lancer prochainement, à l’instar de la Chine qui teste actuellement sept systèmes pilotes d'échange de droits d'émission locaux en vue de l'instauration d'un marché national.

Dans le secteur privé, les dirigeants d’entreprises sont largement convaincus qu'une tarification du carbone va être mise en place, et un certain nombre de sociétés sont déjà en train de s'y préparer. Plus de 150 grandes firmes ont recours à une tarification interne du carbone pour orienter leurs prises de décisions, et plus de 600 autres estiment que la mise en place de réglementations régissant les émissions vont créer de nouvelles opportunités commerciales, selon la dernière enquête auprès des entreprises (a) conduite par l’organisation Driving Sustainable Economies (CDP).

Si elles sont élaborées de manière collaborative, les politiques de lutte contre le changement climatique peuvent aider les entreprises à orienter leurs décisions d'investissement vers des solutions propres, tout en fournissant davantage de transparence aux investisseurs soucieux des risques liés à la dévalorisation des actifs et de résilience future.

Les données scientifiques sont claires. Les arguments économiques sont irréfutables. Nous assistons aujourd’hui à l’amorce d’un changement de cap en faveur de la nouvelle architecture économique qui permettra d'éviter un réchauffement planétaire de 2 degrés Celsius en promouvant une croissance verte tout en créant des emplois et en renforçant la compétitivité.
Rachel Kyte, World Bank Group Vice President and Special Envoy for Climate Change

Rachel Kyte
Vice-présidente et envoyée spéciale du Groupe de la Banque mondiale pour le changement climatique

Ce sont, parmi d'autres, ces raisons que les responsables gouvernementaux et les dirigeants d’entreprises ont mentionnées en apportant leur soutien à la Déclaration sur la tarification du carbone. D'autres personnalités du monde des affaires et des investisseurs ont affirmé publiquement leur soutien en signant le Carbon Price Communiqué (a) ainsi que les initiatives Caring for Climate (a) et 2014 Global Investor Statement on Climate Change (a).

Les responsables publics aux manettes d’une croissance sobre en carbone

Au Viet Nam, les communautés littorales et les exploitations agricoles situées dans les plaines côtières font partie de ceux qui subissent déjà les effets de l'élévation du niveau des mers et de l'acidification des océans. Aux yeux du Premier ministre vietnamien Nguyễn Tấn Dũng (a), la fixation d’un prix sur le carbone contribuerait à favoriser les investissements verts et encouragerait l'adoption de mesures de sobriété et d'efficacité énergétiques qui pourraient se traduire par des économies de plusieurs milliards de dollars.

Le Québec a instauré une taxe sur les combustibles fossiles et s'est fixé pour objectif, à l’horizon 2020, de ramener ses émissions à un niveau inférieur de 20 % à celui de 1990. En 2012, la province canadienne a également lancé un système d'échange de droits d'émission qui est désormais connecté à celui de la Californie.

Donner un prix au carbone permet à tous les secteurs de la société — secteur privé, pouvoirs publics et citoyens — de tenir compte du coût des émissions de gaz à effet de serre dans leurs décisions quotidiennes, a explique Anthony Earley (a), PDG de la compagnie d'électricité américaine PG&E. « Plus tôt nous pourrons intégrer ces coûts, mieux ce sera. »

source
http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2014/09/22/governments-bus...