Catalogne : des indépendantistes aux élections anticipées, l’ancien exécutif catalan poursuivi

Portrait de AGORA moderator
Trois jours après la déclaration d’indépendance de la Catalogne, suivie quelques heures après de sa mise sous tutelle par Madrid, les indépendantistes tentent de s’organiser alors qu’ils doivent faire face, dans le même temps, aux conséquences judiciaires de leur décision.
 
Deux partis indépendantistes participeront aux élections
Le parti Gauche républicaine de Catalogne (Esquerra Republicana de Catalunya, ERC) a annoncé, lundi 30 octobre, qu’il entendait se présenter aux élections anticipées du 21 décembre. Ces élections, convoquées par le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, après la dissolution, vendredi, du Parlement catalan, sont « un piège », a dénoncé le porte-parole de l’ERC, Sergi Sabrià, pour qui Carles Puigdemont, destitué vendredi également, est toujours le chef du gouvernement catalan.
 
Selon lui, il reste encore à déterminer si le parti dirigé par Oriol Junqueras – l’ancien vice-président catalan, destitué aussi vendredi – ira seul ou en coalition à l’élection. Une concertation doit avoir lieu dans les prochains jours pour déterminer la forme que prendra leur participation aux élections.
 
Dans la foulée de l’annonce de l’ERC, PDeCAT – le parti de Carles Puigdemont – a lui aussi confirmé qu’il se présenterait aux élections. « Le 21, nous irons aux urnes, nous y irons avec conviction et nous sommes très attachés à ce que la société catalane puisse s’exprimer (…). Monsieur Rajoy, rendez-vous dans les urnes », a lancé Marta Pascal, coordinatrice générale du parti lors d’une conférence de presse.
 
L’exécutif catalan poursuivi pour « rebellion »
Dans le même temps, le désormais ex-président catalan Carles Puigdemont est poursuivi pour « rébellion », un délit passible de quinze à trente ans de prison. Ce délit est plus grave que celui de « sédition », qui avait dans un premier temps été évoqué par le procureur général. Mais Madrid semble penser que le mettre en prison risquerait d’en faire un martyr.
 
Selon la chaîne de télévision espagnole La Sexta, il compte demander, aux côtés de cinq membres de son gouvernement destitué, l’asile politique en Belgique. Cette information n’a pour l’instant pas été confirmée.
 
Le procureur général de l’Etat espagnol a annoncé à la mi-journée avoir également requis des poursuites pour « rébellion » contre les membres du gouvernement catalan destitué. La « plainte […] a été présentée » devant le tribunal de l’Audience nationale, à Madrid, et vise aussi des faits de « sédition, malversation et prévarication ». Il appartiendra à cette juridiction de décider si elle est recevable.

Crossposted from: http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/30/catalogne-plusieurs-part...