Adaptation au changement climatique

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Les politiques en matière de changement climatique relèvent essentiellement de deux catégories: les politiques d'atténuation et les politiques d'adaptation au changement climatique. Tandis que les efforts d'atténuation visent à ralentir le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, les mesures d’adaptation sont conçues pour composer avec les effets de ces changements.  

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) définit l’adaptation comme « un processus d’ajustement aux effets du climat actuel ou prévu, de manière à en atténuer les conséquences préjudiciables et à en exploiter les opportunités bénéfiques». Les pays doivent ainsi tenir compte des risques et opportunités liés au changement climatique dans leurs programmes de développement nationaux, et répondre aux besoins des groupes vulnérables les plus exposés aux effets de ces changements (femmes, populations autochtones).

Les Parlements et l’adaptation au changement climatique

L'adaptation est de plus en plus intégrée dans la planification et les politiques nationales. Les phénomènes météorologiques extrêmes tels que le typhon Haiyan aux Philippines, les inondations en Australie et au Pakistan, la fréquence accrue des vagues de chaleur en Russie, aux États-Unis et en Europe, et les sécheresses prolongées en Chine poussent les gouvernements à réagir. La hausse du niveau des mers, l'augmentation des températures moyennes et la modification des régimes pluviométriques s’imposent davantage dans les agendas politiques. L'élaboration de politiques efficaces en matière d’adaptation est une tâche difficile, et il reste encore beaucoup à faire pour renforcer les capacités d’adaptation.

Prise de décision dans un climat changeant: les défis et les choix de l'adaptation

Les façons dont les gouvernements anticipent et répondent aux risques posés, à court et à long terme, par le changement climatique peuvent avoir des conséquences durables sur l'avenir de leur pays. Même si de nombreuses activités d'adaptation sont menées et mises en œuvre par les gouvernements et les communautés locales, les décisions à l’échelon national jouent un rôle clé pour soutenir les efforts d'adaptation du secteur privé et public, en particulier en ce qui concerne la fourniture d'informations et d’orientations.

Cette publication conjointe élaboré par le PNUD, le PNUE, la Banque mondiale et le WRI, est focalisée sur le rôle des décideurs politiques en ce qui concerne l’adaptation aux changements climatiques. Elle s’intéresse aux décisions efficaces que peuvent prendre les gouvernements nationaux, et en particulier ceux des pays en développement, pour faire face aux changements climatiques.

La publication explore cinq éléments clés – l’engagement du public, les informations pertinentes pour la prise de décision, la conception institutionnelle, les outils pour la planification et l'élaboration des politiques, et les ressources - qui permettront de renforcer considérablement la capacité des gouvernements nationaux à prendre des décisions d'adaptation efficaces.

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Les parlements peuvent apporter une contribution importante à la politique d’adaptation et à la planification. Grâce à leur fonction législative, les parlements peuvent faire en sorte que le cadre juridique et politique sur l'adaptation soit assez robuste, et que les efforts d'adaptation soient rationalisés dans tous les domaines et secteurs politiques concernés. Les propositions législatives qui ne respectent pas les exigences d'adaptation devraient être modifiées selon les besoins, et les budgets doivent être assurés pour mettre en œuvre les activités nécessaires. En ce qui concerne la représentation, les parlementaires sont bien placés pour canaliser les préoccupations des citoyens et recueillir leurs avis sur les actions les plus urgentes à entreprendre. Ils sont également un important point focal pour les organisations de la société civile et les experts qui cherchent à partager leurs observations, et jouent un rôle clé en veillant à ce que les processus de prise de décision sur l'adaptation soient aussi inclusifs et participatifs que possible. Enfin, grâce à ses pouvoirs de contrôle le Parlement peut veiller à ce que la législation et les initiatives qu'il approuve soient appliquées correctement. Pour ce faire les parlementaires peuvent, entre autres, travailler à travers le Budget ou le Comité des comptes publics, organiser des audiences de comité, des visites sur le terrain ou soumettre des questions au parlement.

Adaptation et développement durable

Une adaptation efficace renforce la résilience. Certains pays sont plus vulnérables que d'autres aux effets des changements climatiques, que ce soit en raison de leur géographie ou de leurs faibles capacités institutionnelles et d’adaptation. Les Petits États Insulaires sont confrontés à des menaces plus immédiates que la plupart des autres Etats, en effet, les inondations, les typhons et les sécheresses causent plus de dommages dans les pays en développement qu’en Europe ou les États-Unis par exemple.

Comme l’indique le rapport du GIEC ci-dessous, répondre aux risques climatiques implique la prise de décisions dans un monde en mutation avec une incertitude persistante sur l'ampleur et sur le cadre temporel des effets du changement climatique, et avec des limites à l’efficacité des stratégies d’adaptation. L’intégration de l'adaptation dans des stratégies de développement plus larges permettra aux pays en développement et les économies émergentes à renforcer leur résilience et à éliminer, sinon à réduire, les risques auxquels ils seront exposés. Les parlements jouent un rôle central dans le processus de prise de décisions qui guideront ces développements, et devraient employer, dans la mesure du possible, leurs pouvoirs et leurs privilèges à renforcer les efforts d'adaptation.

Rapport du GIEC - Changement climatique 2014: Conséquences, Adaptation, et Vulnérabilité (Résumé à l'intention des décideurs politiques)

Dans l’évaluation des incidences, de l’adaptation et de la vulnérabilité qu’il a effectuée dans le cadre de sa contribution au cinquième Rapport d’évaluation (RE5), le Groupe de travail II (GTII) se penche sur l’évolution des risques et des avantages possibles liés au changement climatique et examine les moyens de réduire et de gérer les incidences et les risques liés au changement climatique à l’aide de mesures d’adaptation et d’atténuation. Le rapport évalue les besoins, les options, les possibilités, les contraintes, la résilience, les limites et d’autres enjeux liés à l’adaptation.

Le changement climatique est le fruit d’interactions complexes et de fluctuations de la probabilité de divers impacts. Approche nouvelle adoptée dans le présent rapport, l’accent placé sur le risque sert à étayer la prise de décisions dans le contexte du changement climatique et complète d’autres éléments du rapport. Les populations et les sociétés pourraient percevoir et classer les risques et les avantages possibles d’une manière différente en fonction des valeurs qu’elles défendent et des objectifs qu’elles poursuivent.

La section A du présent résumé décrit les incidences observées, la vulnérabilité et l’exposition, ainsi que les mesures d’adaptation adoptées à ce jour. La section B examine les risques futurs et les avantages possibles. La section C se penche sur les principes d’une adaptation efficace et sur les interactions de portée plus générale qui existent entre l’adaptation, l’atténuation et le développement durable.

Adaptation et acteurs du développement international

Compte tenu de la nécessité urgente d'une plus grande capacité d'adaptation, de nombreux acteurs du développement international intègrent l'adaptation au changement climatique dans leurs activités de développement. Des acteurs tels que le PNUD et le WBI aident les parlements nationaux dans l'élaboration de politiques judicieuses sur l'adaptation au changement climatique.

Programme d'adaptation en Afrique

Le Programme d'Adaptation en Afrique a été lancé en 2008 par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en partenariat avec l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) avec un soutien de $ 92,1 millions financés par le Gouvernement du Japon.

Le PAA avait pour objectif de renforcer la capacité d'adaptation des pays vulnérables, à promouvoir une action rapide de l'adaptation et jeter les bases d'un investissement à long terme pour accroître la capacité de résilience au changement climatique du continent africain. L'objectif global du programme est de voir 20 pays du continent africain intégrer les risques et les opportunités du changement climatique dans leurs processus nationaux de développement.

Le rapport de l'AAP montre que les pays ont fait des progrès significatifs dans l'amélioration de leur cadre institutionnel et le renforcement de leurs capacités en leadership, ont mené des programmes pilotes qui ont le potentiel d'instruire un large éventail de programmes politiques, ont reçu une formation formelle sur les options de financement relatives aux changements climatiques, et ont fait d'énormes progrès sur le partage des connaissances et la gestion. Pour lire le rapport complet, veuillez cliquer ici.

Financement de l'adaptation aux conséquences des changements climatiques

Les mesures d'adaptation efficaces sont onéreuses. Des budgets importants devront être mobilisés pour répondre aux besoins grandissants, et un mélange de fonds publics et privés seront indispensables. Pour plus d'informations sur les instruments de budgétisation et de financement du climat, veuillez cliquer ici.