Changement climatique: une Introduction

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Les parlementaires n'ont pas à être des experts environnementaux pour pouvoir élaborer un cadre juridique solide pour lutter contre le changement climatique, ou appliquer des mesures de budgétisation et de contrôle pertinentes. Cela étant dit, une connaissance de base des fondements scientifiques relatifs au changement climatique est utile lors de la prise d’une mesure parlementaire. En évaluant des propositions ou en préparant des budgets, les parlementaires bénéficient à comprendre quels sont les facteurs clés du changement climatique, et quels sont les impacts susceptibles d'affecter leur région ou leur pays. Un parlementaire qui a une maitrise du sujet est plus apte à persuader ses collègues à soutenir les propositions pertinentes et convaincre les électeurs qui pourraient être sceptiques ou avoir des doutes sur la nécessité d'une action.
Cette page offre une brève introduction des fondements scientifiques relatifs au changement climatique. Pour plus d'informations et des mises à jour, veuillez consulter l'encadré ci-dessous ou consulter les ressources et les actualités de notre Portail Climat.

Changement climatique: Ressources supplémentaires

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur le changement climatique fournit des rapports détaillés sur les tendances, les prévisions et l'impact du changement climatique.
Pour plus d'informations sur le changement climatique, y compris un aperçu des réseaux de connaissances, programmes et organisations, veuillez visiter nos ressources supplémentaires.

 
 

Comprendre le changement climatique
Le terme «changement climatique» fait référence à un changement significatif et durable des conditions météorologiques en ce qui concerne les températures, les niveaux de précipitations et le vent. Il est important de comprendre que les systèmes météorologiques connaissent des variations naturelles considérables : les jours ne se ressemblent pas, et un nombre limité de «phénomènes météorologiques extrêmes» tels que les températures record, les périodes de sécheresse et les inondations peuvent se produire et se produisent dans cette norme moyenne.
Nous ne parlons de changement climatique que lorsque nous observons des changements qui tombent en dehors de cette variation naturelle - en d'autres termes, les changements qui indiquent une déviation par rapport au système météorologique établi. Ces changements peuvent prendre la forme d'une hausse ou d’une baisse des indicateurs moyens (par exemple une hausse de la température régionale), mais peuvent également inclure une augmentation significative des phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations, les sécheresses et les vagues de chaleur.
Le changement climatique a historiquement été causé par un certain nombre de facteurs tels que les grandes éruptions volcaniques, la tectonique des plaques et les variations du rayonnement solaire. Les changements observés aujourd'hui, cependant, sont presque certainement liés à l'activité humaine. Dans son plus récent Rapport d'Évaluation (RE5), approuvé par près de 200 pays en septembre 2013, le Groupe d'experts intergouvernemental sur le changement climatique indique que « il est extrêmement probable (avec 95 % - 100 % de certitude) que l'influence humaine a été la cause principale du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. »
«L'influence humaine » se rapporte principalement ici à l'augmentation des émissions de dioxyde de carbone et leur impact sur l'effet de serre. L'effet de serre se réfère à la couche de gaz naturels qui enveloppent la terre, piégeant la chaleur du rayonnement du soleil et maintenant ainsi la Terre à une température relativement stable et «confortable». Suivant le pic dans les émissions de dioxyde de carbone depuis la révolution industrielle, principalement en raison de la combustion de combustibles fossiles, cette couche piège de plus en plus de chaleur, ce qui conduit à l'augmentation des températures mondiales.

 

 

Contrairement à la croyance populaire, la plupart de ce réchauffement (un étonnant 93,4 %) ne va pas dans l'atmosphère mais dans les océans. Le professeur Hans Joachim Schellnhuber CBE, directeur de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur l'Impact Climatique, explique que «si la chaleur additionnelle absorbée par les océans de la planète depuis les années 1950 serait libérée, l'atmosphère se réchaufferait d’environ 36 °. C’est une bombe à retardement énorme, qui sommeille dans les océans.» En d'autres termes, le changement climatique renferme des menaces qui dépassent de loin les évènements météorologiques extrêmes et la hausse des températures récemment vécus. Seule une action décisive peut arrêter l'escalade de ces développements.

Les Impacts: Prévisions pour le XXIe siècle
L'augmentation des émissions a contribué au réchauffement climatique, à la hausse du niveau des mers, à l’acidification accrue des océans, à la fonte du pergélisol en Arctique, à des conditions météorologiques extrêmes, à une intensité et fréquence accrues des sécheresses et des tempêtes, et à des températures extrêmes plus importantes. Un scénario  « statu quo » verrait une hausse globale des températures de l'ordre de 4 °C à la fin de ce siècle, créant un habitat très différent pour toute vie sur terre.
Les points ci-dessous résument certains des principaux impacts prévus auxquels nous pouvons nous attendre avec une hausse de 4 °C, tiré du rapport de la Banque mondiale. Ils illustrent clairement comment les changements climatiques peuvent influer sur votre pays et vos électeurs, et pourquoi une action urgente est nécessaire.

  • La concentration de dioxyde de carbone et l'acidification des Océans : Les émissions de CO2 sont absorbées par les océans, augmentant ainsi le niveau d'acidité de l'eau. Au rythme actuel, ce processus est censé détruire la plupart des récifs coralliens et nuire considérablement aux coquillages et crustacés, comme les crabes et les huîtres. Cela a des conséquences importantes sur la vie marine. L’existence de ces petits animaux est vitale à la survie de beaucoup d’autres, et les mettre en danger menacera le reste de la pyramide alimentaire – y compris les 1 milliard de personnes qui dépendent du poisson pour leurs besoins en protéines. Ceux qui dépendent de la pêche pour leur subsistance devront également faire face à des conséquences graves : de nombreux parcs à huîtres, par exemple, ont déjà du mal à se maintenir à flot vue que leurs récoltes sont de plus en plus décevantes. Enfin, les récifs coralliens forment une importante barrière naturelle contre les marées montantes et les inondations ; leur désintégration et leur disparition éventuelle augmentera encore la vulnérabilité des populations côtières.
  • Les sécheresses et les précipitations: Les projets de modélisation montrent que, dans un monde plus chaud, les zones humides deviendront plus humides et les zones sèches deviendront plus sèches. En termes de prévisions régionales, cela signifie qu'il y aura une augmentation des précipitations dans les tropiques et dans les régions entre moyennes et hautes latitudes, et une diminution dans les régions subtropicales. Dans un scénario de hausse de température de 4° C, la pluviosité au cours de phénomènes de précipitations extrêmes devrait également augmenter de 20%. Pour ces derniers, les plus fortes augmentations devront toucher l'Asie du Sud, l’Asie du Sud-Est, l’Afrique de l'Ouest, l’Afrique de l'Est, l'Alaska, le Groenland, l'Europe du Nord, le Tibet, et l'Asie du Nord.

 

  • Les cyclones tropicaux: Bien qu'il reste difficile de prévoir si la fréquence des cyclones tropicaux va augmenter ou rester la même, l'intensité de ces cyclones devrait augmenter. Ceci, en combinaison avec l'augmentation de la pression démographique et la croissance économique, fait qu'un plus grand nombre de personnes et une plus grande quantité de biens seront exposés à ces phénomènes. Pour des prévisions plus détaillées, veuillez consulter le Rapport spécial du GIEC sur la Gestion des risques de catastrophes et de phénomènes extrêmes pour les besoins de l'adaptation au changement climatique.
  • La montée du niveau des mers: Prévoir la hausse du niveau des mers est extrêmement difficile, complexe et controversé. Comme les mers de la planète ont des niveaux différents, certaines régions verront une plus grande augmentation du niveau de leurs mers que d'autres. Le rapport du GIEC suggère que les augmentations supérieures à la moyenne peuvent être attendues le long de la côte Nord-est de l’Amérique du Nord, sur la côte Est asiatique, et dans l'océan Indien. Étant donné le nombre considérable de grandes villes côtières dans ces régions, le risque d’inondations graves et de phénomènes météorologiques extrêmes, combiné à une densité de population élevée et une planification souvent inadéquate, laisse ces villes très vulnérables. Pour de nombreuses zones de basse altitude, comme pour les Petits états insulaires du Pacifique, l'élévation du niveau de la mer entraînera une aggravation des inondations, de l'érosion des sols et de la dégradation des nappes phréatiques.

Il est à noter que, dans les mois qui ont suivi la dernière publication du GIEC, de nouveaux résultats estiment la hausse du niveau des mers à un rythme plus rapide et à des niveaux plus élevés que ceux prévus dans le rapport RE5.

Impacts sectoriels
Les impacts du changement climatique susmentionnés ont des conséquences sur tous les aspects de la vie humaine et du développement. Pour un aperçu des principaux impacts sectoriels, veuillez consulter la publication ci-dessous.

 
 
 
 

Turn down the heat: why a 4 warmer world must be avoided

Ce rapport décrit ce que serait le monde avec une hausse de température de 4 degrés Celsius. Une augmentation que les scientifiques, à la quasi-unanimité, prévoient pour la fin du siècle, dans l’absence de changements sérieux de politiques.
Les scénarios 4° C sont dévastateurs: inondation des villes côtières, augmentation des risques pour la production alimentaire qui peut entraîner des taux de malnutrition encore plus élevés, de nombreuses régions sèches vont devenir plus sèches et des régions humides plus humides, des vagues de chaleur sans précédent dans de nombreuses régions en particulier dans les régions tropicales, aggravation considérable de la pénurie d'eau dans de nombreuses régions, augmentation de la fréquence des cyclones tropicaux à haute intensité, et la perte irréversible de la biodiversité y compris des systèmes de récifs coralliens.