Le genre et la communication avec les électeurs

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Un parlementaire apprend vite que les questions abordées par ses électrices et les sujets de préoccupation de celles-ci sont assez différents de ceux des hommes. Des études montrent que les politiques qui ont le plus de répercussions sur la vie des femmes sont celles qui concernent l’éducation, la santé et la lutte contre la pauvreté. En effet, ce sont les femmes qui s’intéressent le plus à ces questions et à leurs répercussions sur leur famille. Elles influencent aussi beaucoup les tendances du vote de leur famille, même si cela ne se voit guère de l’extérieur.

Il est donc important que les parlementaires fassent des efforts particuliers pour s’informer des préoccupations des femmes. Dans un contexte classique ou plus traditionnel, pour diverses raisons, les hommes ont plus de chances de faire entendre leur voix, que ce soit parce qu’ils se sentent plus à l’aise en cet endroit ou parce qu’ils sont davantage susceptibles de parler en public d’une question ou l’autre. Il convient de trouver ou de créer des occasions d’encourager les femmes à parler de ce qui les préoccupe.

Par exemple, comme les hommes peuvent se sentir plus à l’aise pour s’exprimer devant une foule importante lors de rassemblements publics, des efforts peuvent être consentis pour convoquer les femmes en petits groupes. Il peut s’agir de groupes créés expressément pour les écouter ou de groupes qui existent déjà dans des écoles ou des organisations religieuses et autres de la communauté.

Un député peut également chercher la collaboration d’organisations de la société civile (OSC) qui défendent les intérêts des femmes. En nouant le dialogue avec ces acteurs, il est probable que le député prenne connaissance de préoccupations regroupées et qu’il communique avec des militants capables d’expliquer les politiques nécessaires pour répondre à ces besoins.

Dans certains pays, l’alphabétisation peut aussi poser un plus grand problème aux femmes. Si l’on demande leur avis aux électeurs par écrit, on risque de recevoir plus de réponses rédigées par des hommes. Des efforts supplémentaires peuvent être réalisés pour enregistrer les préoccupations des femmes afin de ne pas avoir besoin de leurs commentaires par écrit.

Toutes ces suggestions ont pour but d’instaurer avec les femmes d’une circonscription un dialogue distinct du dialogue général avec le grand public. Des actions similaires doivent être entreprises pour d’autres groupes marginalisés également, mais dans le cas des femmes, de bonnes occasions se présentent à tout parlementaire qui comprend bien ses électeurs et les besoins de tous les citoyens.