Le parlement et ses relations avec les médias

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Les parlementaires et les médias entretiennent des rapports très étroits. D’une part, tant l’assemblée que ses membres comptent sur les médias pour relayer leur message et leurs opinions auprès du grand public ; d’autre part, les médias jouent un rôle essentiel dans l’examen, voire l’analyse critique, des travaux du parlement et des parlementaires. Cette relation s’avère inévitable dans un système multipartite qui garantit la liberté d’expression des médias.

Tout parlement doit être conscient de la dualité de sa relation avec les médias, sans pour autant que cela influe sur sa capacité à collaborer avec eux. Tout d’abord, un parlement doit aider les médias à assurer leur rôle d’observateurs. Les journalistes doivent effectivement pouvoir accéder aux bâtiments et aux parlementaires au moyen de cartes d’accès pour la presse, qui leur permettent de se déplacer plus ou moins librement dans l’assemblée.

Les journalistes et les médias doivent également disposer d’un espace réservé pour écrire et tourner les sujets. Bon nombre de parlements nationaux possèdent des locaux spécifiques pour y tenir des conférences de presse et répondre aux questions de la presse.

Une équipe de communication doit être prévue pour travailler avec les différents médias. Ainsi, ces personnes, ou les départements dans lesquels elles sont actives, peuvent publier des communiqués officiels sur les travaux parlementaires (tous les groupes parlementaires disposent déjà vraisemblablement d’une telle équipe pour communiquer au nom de leur parti). Les parlements les plus avancés sur le plan technologique peuvent même produire des vidéos, des supports d’information et des émissions de radio, que les médias peuvent ensuite exploiter pour informer les citoyens sur les activités du parlement et le rôle de celui-ci au sein du gouvernement. Les départements de communication sont souvent chargés d’actualiser le site Internet ou les autres médias sociaux de l’assemblée.

Aussi dérangeant que cela puisse paraître pour ses membres, le parlement doit accepter que les médias jouent leur rôle d’observateurs et que, parfois, ils aient la liberté de critiquer l’institution ou ses représentants, tout en observant les principes de base du bon journalisme. En vue de garantir le respect de ces principes par les journalistes, les parlements peuvent encourager la réglementation de ce métier et/ou en permettre le renforcement des capacités.

De nombreux parlements du monde entier ont élaboré des codes de déontologie à l’intention des journalistes. Dans certains pays, les salles de presse sont autorégulées, les professionnels s’assurant eux-mêmes que tous les journalistes qui travaillent au parlement jouissent d’une accréditation et respectent une série de normes de base. D’autres assemblées organisent leur propre système d’accréditation et ont rédigé un code de déontologie auquel les journalistes doivent se conformer.

Quant aux pays qui découvrent la liberté de la presse, ils tendent de plus en plus à orchestrer le renforcement des capacités des journalistes actifs au sein du parlement, notamment au travers d’ateliers et de formations sur le rôle de l’institution et les normes de base du journalisme en démocratie. Cet aspect peut s’avérer crucial pour les nations en pleine transition démocratique après un conflit ou en raison d’une fragilité institutionnelle. En effet, la nouvelle puissance des médias peut se révéler source de discorde dès lors que le citoyen fait confiance à ces journalistes pour leur rapporter les activités d’institutions gouvernementales telles que le parlement.