Algérie : le parlement adopte le projet de loi de finances 2018

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Les parlementaires algériens ont adopté ce dimanche 26 novembre 2017 le projet de loi de finances 2018. La séance plénière présidée au siège de l'Assemblée populaire nationale par Said Bouhadja s'était déroulée en présence notamment du ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, et d'autres membres du gouvernement.

Adopté en conseil des ministres depuis octobre dernier, le projet de loi des finances 2018 de l'Algérie vient d'être adopté par les parlementaires du pays ce dimanche 26 novembre 2017 à la majorité simple. C'est au cours d'une séance plénière présidée par le président de l'Assemblée populaire nationale Said Bouhadja, en présence notamment du ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, et d'autres membres du gouvernement. Il s'agit d'un texte qui prévoit une série de mesures législatives et fiscales avec pour vision la consolidation de l'investissement productif et le renflouement des recettes budgétaires avec un maintien du dispositif de la solidarité nationale.

Contenu dans la loi de finances, le budget de l'Etat 2018 totalise 8.628 milliards de dinars, dont le budget de fonctionnement s'arroge 4.584,46 milliards de dinars, alors que le budget d'équipement se chiffre à 4.043,31 milliards de dinars. En termes de recettes, la nouvelle loi des finances table sur des recettes budgétaires de 6.496,58 milliards de dinars contre 5.635,5 milliards de dinar pour l'année 2017. Les prévisions de recettes sont composées de 3.688,68 milliards de dinars de ressources ordinaires contre 3.435,4 milliards de dinars en 2017 et de 2.807,91 milliards de dinars de fiscalité pétrolière contre 2.200,1 milliards de dinars pendant l'année en cours. Quant au déficit global du Trésor prévu par la loi des finances 2018 adoptée par les parlementaires algériens, il est annoncé à près de 9% du PIB, contre plus de 14% pour l'exercice 2016.
 
Équilibre budgétaire et dégel des dépenses socio-éducatives
D'après un communiqué du Conseil des ministres en octobre dernier, à travers cette nouvelle loi des finances, le gouvernement algérien voudrait montrer sa volonté d'entamer le retour à l'équilibre budgétaire dans moins de cinq ans. Le déficit global du Trésor prévu peut s'expliquer par ce contexte. Selon la même source, il s'agit aussi de la nécessité de lever la suspension des réalisations socio-éducatives mises à l'arrêt du fait de difficultés de trésorerie. Aussi, l'Etat voudrait procéder au règlement de ses dettes, pour les mêmes motifs, envers les entreprises contractantes pour des réalisations ou des fournitures de biens et de services, explique le communiqué du gouvernement.
 
C'est ainsi que la loi des finances a prévu une ''hausse exceptionnelle'' du budget d'équipement de 2018. Justement, les Autorisations de programme retenues pour l'année prochaine s'élèvent à 2.270 milliards de dinars (contre 1.397 milliards de dinars en 2017), alors que les crédits de paiements inscrits pour 2018 s'élèvent à 4.043 milliards de dinars (contre 2.291 milliards DA en 2017). Le gouvernement a expliqué que les allocations prévues pour le budget d'équipement couvrent notamment la relance des projets gelés dans les secteurs de l'éducation nationale, de la santé, et des ressources en eau, ainsi qu'un effort plus soutenu en direction du développement local. Le budget d'équipement 2018 prévoit également une provision de 400 milliards de dinars pour le remboursement des entreprises locales et étrangères qui détiennent des créances sur l'Etat et ses démembrements.
 
Notons que le budget couvre aussi la politique sociale de l'Etat. Dans ce cadre, 1.760 milliards de dinars sont réservés aux transferts sociaux, en hausse de près de 8% par rapport à 2017. Il s'agit de fonds destinés aux soutiens aux familles, à l'habitat, à la santé, ainsi qu'aux subventions des prix des produits de première nécessité, à savoir les céréales, le lait, le sucre, et les huiles alimentaires.